Galerie.
vendredi 17 mars 2006 par Algérien
Mais arrête papa, qu’est ce que tu fais ???
• Qu’est ce que je fais ??? T’es qui toi pour me dire : Arrête ??
Je suis ton fils, n’est ce pas ??? Corrige moi si je me trompe.
• Bien sur que t’es mon fils, h’mar, c’est quoi ce langage !!!!
Non, sérieux papa, tu sais qu’on pourra tout perdre à cause de ce projet. Ce n’est pas du tout étudié ce projet.
• Ah, parce que t’as fait des études que tu te permets de me parler comme ça !!! C’est de ma faute. Moi je n’ai jamais fait des études et je n’en ferais jamais.
Tu parles de l’école papa !!! Non, je parle de l’étude technique du projet. Faut bien calculer avant de s’aventurer. Tu sais qu’est ce que t’es entrain de faire ???
• Je sais, je fais du business.
Le Bus oui, mais les Ness je sais pas d’où vas-tu les ramener.
• Mais t’es fou ou quoi ?? C’est ça le commerce, tu fais le premier pas, puis ça marchera automatiquement. Ce bus que j’ai acheté changera notre vie.
Vers le pire, oui. Mais qu’est ce qui t’arrive, un bus, entre deux communes de trente habitants chacune ?? C’est du suicide ça papa.
• Ecoute, mon père disait toujours : Ki’zid, n’ssemouh Bouzid.
Ok, c’est ton argent, fait ce que tu veux.
Quelques mois plus tard :
Alors papa, qu’est ce que tu comptes faire ??
• Hé bien, je n’ai d’autres choix, je vend ce maudit bus à Amar.
Pour combien ??
• La moitié du prix du neuf. C’est bientôt l’été et je n’ai pas un sou. Le blé n’attendra pas longtemps dans le champ, faut faire vite.
Mais pourquoi le vendre à ce prix. Fais tes calcules, tu vas perdre cents millions de centimes. Si tu patientes un peu, on ne perdra pas plus de vingt millions. Tiens, toute la récolte du champ, ne vaudra pas quatre-vingt millions. Il vaut mieux sacrifier la récolte, que le bus.
• Ecoute, avant d’acheter ce maudit bus, personne ne m’avait conseillé. Maintenant que je suis dans la merde, je ne veux aucun conseil, de personne. C’est mon argent et libre à moi d’en faire ce que je veux.
Mais je t’avais bien dit que c’était un suicide papa, c’est toi qui ne voulais pas m’écouter.
• Ecoute, c’est ton affaire, je vais ce que je veux de ce bus, personne ne t’a demandé de t’en mêler. Je le vendrais demain, à Amar.
Quelques mois plus tard :
Et qu’est ce que tu comptes faire papa ??
• Accepter l’offre d’Amar. Personne n’achètera ce maudit champ à un tel prix.
Mais t’es dingue papa, c’est du suicide. Amar avait vendu le bus à cent quatre-vingt millions et veut acheter le champ pour le revendre au double du prix qu’il t’offre, réfléchie papa.
• Le bus, le bus. J’aurais pu le vendre moi aussi à ce prix là, mais quand je voulais le vendre, personne ne m’avait dit que ce n’était pas son prix. Maintenant, que je n’ai pas de quoi payer les ouvriers, tu viens me faire ton discours ????
Mais je t’avais bien dit papa que c’était du suicide, tu ne voulais pas m’écouter, écoute moi cette fois s’il te plait.
• Je n’écouterais rien, j’en ai marre d’écouter. C’est mon champ et j’en fais ce que je veux.
Hé oui, c’est comme ça que ça se passe chez nous. Partout dans le monde, c’est en critiquant que ça avance, alors que chez nous, faut attendre un peu, le temps que ça avance, pour qu’on puisse enfin critiquer.
“ Galerie. ” 17 mars 2006
قال الرسول (ص) : لاخير في قوم لا يتناصحون و لا يقبلون النصيحة
A mediter mes cher amis !
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