Carrefour.
dimanche 26 février 2006 par Algérien
Le budget, c’est l’argument passe partout qu’utilisent tous les réalisateurs algériens pour dénier toute responsabilité de la médiocrité de leurs produits. J’étais toujours d’accord, mais les derniers temps, je me suis dit qu’il faut regarder l’un de ces fameux feuilletons pour voir si la médiocrité était à cause des petits budgets qui ne dépassent jamais les huit milliards de centimes pour des feuilletons de vingt épisodes, de vingt minutes chacun.
Voici quelques remarques que j’ai faites, en suivant pendant deux semaines le feuilleton diffusé actuellement sur la Tv algérienne (Moftaraq Ettoroq) :
Au début, vu le décor de la cafétéria de Si Belgacem, vu le micro-onde de Lella L’joher et vu la chanson interprétée lors du mariage de Zineb (3’riss we3roussa, de Chaba Djanet), je croyait que l’histoire était contemporaine et que les événements se déroulaient en 2005. Mais après quelques épisodes, sinon après une vingtaine d’année par rapport au feuilleton, je me suis rendu compte que les premiers événements se déroulaient dans les années 80. Vous allez me demandez comment avais-je su que la deuxième partie était contemporaine, je répondrais, que c’était grâce au réalisateur qui nous a proposé quelques moments de détente en nous montrant la tranquillité de nos rues. J’ai vu des voitures 16/00 circuler. La question que je me pose là, c’est : Est ce qu’il était si difficile de trouver une chanson des années 80 ?? Une chanson de Boutayba ou de Cheb Zahouani. Je me pose aussi une autre question : Cheba Djanet, a-t-elle piqué une chanson interprétée aux années 80 ??
Y a un autre truc qui saute aux yeux. Après une vingtaine d’années, y a que les acteurs principaux, ainsi que les actrices principales, qui ont grandi. Les figurants sont restés jeunes, ils n’ont même pas changé de look ni de paires de lunettes. Comme si le maquilleur était payé à la tête (Berras comme on dit chez nous). Comme le réalisateur n’avait pas assez de budget, il avait payé que pour les figures principales.
Personnellement, je ne connais pas le réalisateur du feuilleton, mais si quelqu’un d’entre vous le connais, qu’il lui demande juste la marque du micro-onde, qui est resté toujours en bon état. Il parait que c’est du luxe à bon prix, sinon, comment la famille de Lela L’joher aurait pu se l’offrir ?? Vous allez me dire qu’aux années 80 n’y avait pas de micro-ondes (au moins en Algérie). Je vous répondrais : Et les feuilletons mexicains doublés en arabes, ça existait à l’époque ?? (Lela L’johr était fun de l’un des ces feuilletons là). Et si je ne trompe pas, Zineb avait même un téléphone portable à cette époque là.
Maintenant, je me suis bien rendu compte de la raison de la médiocrité de nos feuilletons, ce n’est pas le budget, mais c’est l’incompétence de l’équipe qui fait le boulot. Un réalisateur qui ne sait que recruter des acteurs sans talent. Un décorateur qui ne sait qu’arranger des livres dans la bibliothèque. Un maquilleur incapable de gérer un salon de coiffure pour homme et un caméraman stagiaire depuis vingt ans.
Et dire que ce feuilleton, avait décroché quelques Fennecs D’Or.